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Jardins de Boboli - Florence
Quand je suis dans ce que les rigoristes appellent bien, j’aspire au mal parce qu’un certain mal m’est nécessaire pour me divertir ; quand je suis dans ce qu’il est convenu d’appeler mal, j’éprouve une nostalgie confuse, comme si ce que le commun des gens entend par bien était réellement une sorte de sein maternel où l’on pourrait sucer un lait susceptible de rafraîchir. Toute ma vie est faite de ces balancements : tranquille, je m’ennuie à mourir et souhaite n’importe quel dérangement, mais pour peu que survienne dans mon existence un élément réel de bouleversement, je perds pied, j’hésite, j’élude et je renonce le plus souvent. Je suis incapable, en tout cas, d’agir sans réticence et sans remords, je ne me livre jamais sans une arrière-pensée de me reprendre et, si je reste replié sur moi-même, ce n’est jamais sans le regret d’un abandon, dont j’éprouve une envie véhémente. Michel Leiris, L’âge d’homme

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allthingseurope:

Torre de Belem, Lisbon (by ces@r_)

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Toutes ces traces du passé semblaient le saisir et lui dire : “Non, tu ne nous quitteras pas, tu ne seras pas un autre, tu resteras ce que tu es, avec tes doutes, ton éternel mécontentement de toi-même, avec tes vaines tentatives de perfectionnement, avec tes chutes, et l’attente perpétuelle d’un bonheur auquel tu n’es pas destiné et qui constitue pour toi l’impossible”. Les objets qui l’entouraient semblaient lui dire cela, mais une voix intérieure lui disait au contraire qu’il ne faut pas rester l’esclave du passé et que l’on peut faire de soi tout ce qu’on veut. Tolstoï, Anna Karénine.

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Lost doll.
Seville - Real Alcazar’s garden.
Jana und Js - La Butte aux cailles, Paris.
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